"L'esprit de cet homme - pour rester dans les mathématiques - ne regarde plus "deux-et-deux-font-quatre" comme une équation dans laquelle deux parties s'équilibrent dans une évidente harmonie : il voit dans cette équation l'expression d'un processus dans lequel deux et deux deviennent quatre afin d'engendrer d'autres processus d'addition qui iront éventuellement à l'infini. C'est cette faculté qui passe aujourd'hui pour raisonnement de sens commun; c'est l'esprit qui joue tout seul, et c'est ce qui arrive quand l'esprit est coupé du réel et qu'il ne "sent" que soit-même. Les résultats de ce jeu sont des "vérités" impérieuses parce qu'on suppose que la différence de structure entre l'esprit d'un homme et celui d'un autre n'est pas plus considérable que la différence de leurs corps. Ce sera tout au plus une différence de puissance mentale, que l'on peut jauger et mesurer comme la puissance d'un moteur." Arendt - Condition de l'homme moderne.
Voilà donc la machine d'affadissement du monde, chaque subjectivité, chaque esprit fonctionne de la même manière. À l'intérieur, tout le monde est pareil, c'est bien ça? À non! Il y en a qui ont la même chose mais en plus rapide, en plus efficace. Que le monde des premiers de la classe est pauvre...