Colère post-mortem...



Exode, chap. 32 : 7) Or le seigneur dit à moïse : va, descends ; car ton peuple, que tu as conduit hors d’Égypte, a tout gâché. 8) Ils se sont promptement écartés du chemin que je leur ai ordonné. Ils se sont coulé un veau et l'ont adoré, lui faisant des sacrifices et disant : voici tes dieux, Israël, qui t'ont conduit hors d’Égypte. 9) Et le Seigneur dit à Moïse : je vois que c'est un peuple à la nuque raide. 10) Et maintenant laisse-moi, que ma colère au-dessus d'eux s'enflamme, et les extermine ; c'est ainsi que je veux faire de toi un grand peuple.


     Une idée saugrenue me vint à l'esprit. Et si l'extermination du peuple juifs dans les années 40 n'était que la promesse de Dieu faite à moïses quelque milliers d'année auparavant. Ces colères qui se déclenchent, se maîtrisent pour un temps, puis reviennent dans un moment où on ne s'y attend pas, parce que l'on a gardé quelque chose à l'intérieur, qu'on l'a retenu, l'accès de fureur prend de l'ampleur et fini par rejaillir avec plus de force et d'amplitude. Mais à l'échelle cosmique, les conséquences sont effroyables. Le châtiment pour le veau d'or qu'ils avaient coulé pour se rassurer a mis deux millénaire pour se fabriquer. Il s'est logé au fil des temps dans les plis de l'ordre du monde, a baladé sa présence sourde derrière la surface des formes et des discours. Les bourreaux qui en ont un jour émergé étaient les lointains descendants et héritiers de leurs victimes. Et cette colère qui se déclenchas finalement au bout de plus deux milles ans de rumination étaient sans entraves, car entre temps Dieu était mort, il n'était plus là pour dire « retient ta main » comme avec le fils d’Abraham. Alors la prochaine fois qu'il vous vient l'idée de retenir votre colère, pensez-y...
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