Le travail du sujet souverain.

"En ce qui concerne le succès, laissez-moi vous donner un simple conseil qui doit passer avant tous les autres. Chaque jour, année après année, chaque homme devrait, maintes et maintes fois, se poser deux questions. D'abord, « quel est le nom de l'homme pour qui je travaille? ", et ensuite, après avoir répondu à cette question d'une manière précise, « qu'est-ce que cet homme veut que je fasse maintenant? » Non pas « qu'est-ce que je devrais faire dans l'intérêt de l'entreprise pour laquelle je travaille? » Non pas « quelles sont les fonctions de l'emploi que j'occupe? " Non pas « qu'est-ce que je devrais faire dans mon intérêt? » Mais carrément et simplement« qu'est-ce que cet homme veut que je fasse?» [...] ce qu'on devrait retenir surtout, c'est qu'il faut servir l'homme au-dessus de soi à sa manière à lui, non pas à la vôtre, et cela consiste généralement à lui donner non seulement ce qu'il veut, mais à lui donner aussi un petit quelque chose en supplément."

Taylor

Pour qui un artiste travail ? Un ou des collectionneurs d’œuvres. Et à défaut d'avoir trouvé ceux-ci, l'artiste peut et doit spéculer sur ce que sont ces collectionneurs, imaginer leur caractère, leur goûts, leurs désirs, etc... Et puisqu'il ne les connais pas encore, autant inventer le meilleur, c'est à dire le plus exigent, celui qui auras le jugement critique le plus subtile. Dans cette perspective, l'artiste peut s'affranchir des conseils menant au succès de Taylor dans le même temps où il les suit. Totalement assujetti, l'artiste reste un sujet pleinement souverain.



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